L’art de la séduction appliqué au livre

La création de votre couverture est un autre moment capital pour votre livre. En effet, indépendamment de la qualité et de l’intérêt de votre récit,  c’est elle qui va devoir attirer l’œil de votre lecteur et éveiller sa curiosité.  Pour réussir la couverture de votre livre numérique, trois éléments sont à prendre en compte : titre, visuel, et police.

Tout est dans le Titre… ou Presque…

L’écume des jours, La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, Cent ans de solitude, 1984, Les Hauts de Hurlevent, Anna Karénine, Journal d’un vieux dégueulasse… Un titre c’est avant tout l’identité d’un récit. C’est par lui qu’il vient à la rencontre du lecteur, c’est la promesse qu’il lui offre.

Deux objectifs devraient vous guider dans l’élaboration du titre de votre ouvrage :

  • Il doit «évoquer » l’histoire, la dévoiler sans la dire.
  • Il doit «marquer» le lecteur. Envoûtant, émouvant, amusant, percutant, terrifiant, choquant, intriguant… les meilleurs titres suscitent généralement une émotion ou au moins une impression.

Pour trouver le vôtre, une méthode possible est  de lister les thèmes, objets, lieux, idées, personnages clés de votre histoire. Dans un second temps, cherchez des synonymes, ou des métaphores pour chaque élément de cette liste. Enfin, expérimentez. Jouez avec ces éléments jusqu’à trouver la perle.

Une autre technique consiste à résumer progressivement votre récit. D’abord en un paragraphe, puis en une phrase, pour finir par quelques mots : un titre. Répétez, l’opération en mettant l’accent sur de éléments différents.

Comme pour votre texte, lorsque vous pensez avoir trouvé plusieurs titres convenables, laissez-les décanter.  Si l’un d’eux est le bon, il se démarquera nettement et vous poursuivra malgré vos efforts pour tenter de l’oublier un peu. Et si ce n’est pas le cas, pas de panique, votre esprit va amalgamer toutes ces formules, finalement très proches, et faire naître l’évident titre providentiel. (En quittant le bain où vous aurez enfin eu  cette révélation, pensez juste à enfiler un peignoir avant de sortir crier «Eurêka !» dans la rue…)

Les p’tits trucs :
Faites de nouveau appel à vos correcteurs, soumettez leurs vos idées pour les éprouver. Sollicitez également leurs idées, un regard extérieur a parfois plus de facilité à saisir ce qui fait la cohérence d’une histoire. Et au-delà du cercle des intimes de la gestation de votre texte, n’hésitez pas à « tester » vos idées de titres sur le reste de votre entourage pour voir comment elles sont perçues.

L’image avant le texte

Comme il accompagne votre titre, votre visuel sert les mêmes objectifs : évoquer et marquer.

A l’ère médiatique qui est la nôtre, même pour un livre, l’image est un élément décisif, pour vous en convaincre il vous suffit de vous rendre en  librairie et d’observer une table de nouveautés. Il y a fort à parier que les ouvrages que vous saisirez afin de consulter leur quatrième de couverture seront ceux qui vous taperont dans l’œil.

Profitez de cette flânerie chez votre libraire pour lister les éléments visuels communs aux couvertures d’un même genre. Vous remarquerez par exemple qu’en fantasy l’illustration numérique ou traditionnelle triomphe, qu’en polar c’est plutôt la photo noir et blanc, éventuellement rehaussée d’une touche de couleur qui domine,  ou qu’en chick-litt les mots d’ordre actuels sont «rose» et illustration vectorielle.

Imprégnez-vous des codes propres au genre de votre livre afin de pouvoir l’inscrire clairement dans la bonne mouvance éditoriale.

Une fois instruit des éléments de langage visuel adéquats pour votre livre, la question de l’usage ou non d’une image va rapidement se poser.

Si vous choisissez d’en utiliser une, sachez qu’une image, comme un texte, est protégée par le CPI (Code de la propriété intellectuelle). Du coup, si vous souhaitez utiliser une image dont vous n’êtes pas l’auteur, assurez-vous qu’elle soit  libre de droit. Et si ce n’est pas le cas, contactez l’auteur et demandez-lui l’autorisation. Ce serait tout  de même dommage de commencer votre carrière d’écrivain par un procès avec un photographe.

Les p’tits trucs :
Internet fourmille de banque d’images, payantes ou gratuites, où vous pourriez trouver votre futur visuel sans avoir à vous lancer dans de fastidieuses, voire d’impossibles recherches de son propriétaire.
Il également possible de faire appel à un photographe ou un illustrateur, afin d’obtenir une image originale de qualité dont vous serez propriétaire.

Le plus simple et le plus économique, restera tout de même le «Do It Yourself». Et pas besoin d’être Robert Doisneau ou un expert en infographie. A l’aide d’un simple smartphone et une application comme Instagram, vous devriez rapidement obtenir des résultats exploitables.

Les p’tits trucs :
Lors de votre prise de vue, pensez bien à cadrer suffisamment large autour de votre sujet. Ainsi, lors de la mise en page de votre couverture vous bénéficierez de davantage de liberté pour placer les éléments textuels.

Une police pleine de caractère

Tout à l’inverse de ceux des pages intérieures, les caractères de votre couverture doivent avoir de la personnalité. Ici la police vient comme un complément naturel du visuel et du titre. Elle peut soit renforcer leur message soit y apporter une nuance, soit tout simplement marquer le genre littéraire du livre.

Comme vous le constaterez sur les exemples suivants, tout l’art des typographes consiste à insuffler un sens au dessin même des lettres :

Art des typographesArt des typographes

 

Ce ne sont que quelques exemples, il existe un très grand nombre de polices, certaines payantes, d’autre gratuites. Testez-les, comparez les réactions de vos correcteurs, et ne vous alarmez pas. Là encore, il faudra peut-être du temps, mais vous finirez par trouver pour celle qui est faite pour votre texte.

Les p’tits trucs :
Attention tout même aux excès de zèle, certaines polices misent tellement sur l’esthétique qu’elles en deviennent peu lisible.
Afin de bien marier le texte et visuel de couverture, placez votre texte sur une zone neutre que possible et jouez sur un contraste tranchant afin que celui soit aisément lisible.

Quelle couleur pour quel effet ?

La couverture c’est aussi le lieu la couleur. Comme la police, la couleur vient ici appuyer ou affiner le message global que véhicule votre visuel.

Afin de vous aiguiller un peu dans vos choix chromatiques, voici quelques éléments de symbolisme des couleurs. N’y voyez pas des dogmes, mais de simples pistes. Gardez à l’esprit qu’il y’a après tout un monde entre ce qu’inspire un vert turquoise, un vert sapin et un vert kaki.

Blanc Le silence, l’absence, la pureté, la plénitude, la disparition, l’innocence, l’air, l’hiver
Noir La mort, l’inconnu, l’angoisse, l’élégance, l’autorité, la révolte, la haine, l’effacement
Gris la tristesse, le savoir, l’industrie, la science, l’ennui, la guerre, le souvenir
Rose Le romantisme, la séduction, le bonheur, la tendresse, l’enfance, la féminité, la sexualité.
Rouge La puissance, la violence, la colère, la passion, le courage, l’interdit, le danger, la virilité
Violet La noblesse, l’envie, la magie, la mélancolie, l’inconscient, le secret, la religion
Bleu le rêve, l’infini, le divin, la paix, le calme, le froid, la peur, l’aquatique, le repos
Vert L’espoir, La nature, le printemps, le hasard, la jalousie, la maladie, le dégoût, l’équilibre
Jaune La lumière, La gloire, la sagesse, la richesse, l’été, l’infamie, la traîtrise, l’intelligence
Orange Le feu, le soleil, la lumière, la chaleur, la bienveillance, la joie, la fête, le mouvement

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